Invest4good

Tns : définition, statut social et conséquences sur l’épargne et la retraite

Tns : définition, statut social et conséquences sur l’épargne et la retraite

Tns : définition, statut social et conséquences sur l’épargne et la retraite

Si vous êtes travailleur non salarié (TNS) – ou en passe de le devenir – votre statut est une bombe à retardement… surtout pour votre retraite et votre épargne, si vous ne l’anticipez pas.

Le problème ? Beaucoup de créateurs d’entreprise, freelances, gérants de sociétés découvrent trop tard qu’être TNS, c’est payer (souvent) moins de cotisations aujourd’hui… mais aussi toucher beaucoup moins demain.

Dans cet article, on va décortiquer ce statut, sans jargon inutile, et surtout voir comment l’utiliser intelligemment pour sécuriser votre avenir financier – tout en restant cohérent avec une démarche d’investissement responsable si c’est votre boussole.

Qu’est-ce qu’un TNS, concrètement ?

Un TNS, ou travailleur non salarié, c’est une personne qui exerce une activité professionnelle sans être liée par un contrat de travail classique à un employeur. En clair : pas de fiche de paie, pas de “statut salarié”, mais une activité indépendante avec son propre régime de protection sociale.

On parle de TNS pour plusieurs catégories :

Le point clé : le TNS est rattaché au régime de la Sécurité sociale des indépendants (ex-RSI, désormais intégré dans le régime général, mais avec des règles spécifiques). Il ne bénéficie pas du même niveau de protection qu’un salarié, notamment en matière de retraite et de prévoyance.

Pourquoi ce statut existe-t-il ? Principalement pour adapter les cotisations sociales à la logique entrepreneuriale : revenus variables, risques économiques portés par l’indépendant, besoin de flexibilité. En échange d’un “filet social” plus léger, les charges sociales sont souvent moins élevées.

TNS vs salarié : quelles différences sur le plan social ?

Pour comprendre les conséquences sur votre épargne et votre retraite, il faut d’abord voir ce que vous “perdez” (ou gagnez) en quittant le statut salarié.

Quelques différences structurantes :

Autrement dit : le TNS “récupère” du pouvoir d’achat aujourd’hui (moins de charges obligatoires), mais il doit construire lui-même son parachute pour demain.

Statut TNS : quels impacts spécifiques sur la retraite ?

Le système de retraite français repose sur deux piliers principaux : un régime de base et un régime complémentaire. Les TNS y cotisent, mais pas dans les mêmes conditions que les salariés.

Pour simplifier, selon votre activité :

En pratique, cela se traduit par :

Un ordre de grandeur utile : selon la DREES, la pension moyenne des indépendants est inférieure à celle des anciens salariés, même si les écarts se réduisent depuis les dernières réformes. Mais dans la pratique, les indépendants “optimisateurs” (faibles rémunérations, forte distribution de dividendes, beaucoup de charges…) sont particulièrement exposés à une retraite très faible.

La vraie question à se poser est donc : si je continue à cotiser au minimum pendant 20 ou 30 ans, suis-je prêt à vivre avec la pension correspondante ?

Pourquoi le statut TNS impose de repenser son épargne ?

Le TNS n’a pas de DRH qui lui met en place une retraite supplémentaire, une prévoyance collective ou une épargne salariale. Il doit tout construire lui-même.

D’un côté :

De l’autre :

Ce décalage crée un impératif : transformer l’“économie” de charges sociales en épargne longue, orientée vers la retraite et la protection personnelle.

On peut presque résumer le statut TNS ainsi : l’État vous donne plus de liberté budgétaire aujourd’hui, à condition que vous preniez votre propre avenir en main. Si vous consommez toute la différence, l’addition arrive plus tard.

Les trois piliers de la stratégie d’épargne d’un TNS

Pour un TNS, bâtir une stratégie financière solide repose généralement sur trois piliers complémentaires :

Voyons chaque pilier en détail, avec un angle très opérationnel.

Pilier 1 : le coussin de sécurité, votre assurance antichute

Un salarié avec CDI et assurance chômage peut parfois se “contenter” de 3 à 6 mois de dépenses en épargne de précaution. Pour un TNS, la cible doit souvent être plus élevée.

Objectif réaliste :

Pourquoi autant ?

Sur le plan pratique :

Sans ce socle, toute stratégie de retraite ou d’investissement responsable reste fragile : la moindre crise peut vous forcer à tout vendre au pire moment.

Pilier 2 : préparer sa retraite de TNS grâce à l’épargne longue

C’est le cœur du sujet. En tant que TNS, vous devez construire vous-même une partie significative de votre future retraite. La bonne nouvelle, c’est que vous disposez de plusieurs outils puissants… à condition de bien les utiliser.

Les principaux leviers :

Et, dans une logique Invest4Good, la possibilité d’orienter tous ces outils vers des supports responsables, ESG ou à impact.

Le PER pour TNS : l’outil fiscalement attractif

Le PER, et en particulier le PER individuel ou les PER “Madelin” de nouvelle génération, est un outil très adapté aux TNS, car il permet :

Concrètement, pour un TNS imposé à 30 % ou plus, chaque 1 000 € versés sur le PER peut réduire l’impôt de 300 € (hors prélèvements sociaux). C’est un levier puissant pour accélérer la constitution de capital.

Points de vigilance :

Pour un TNS, le PER est souvent la “colonne vertébrale” de la stratégie retraite, surtout si le taux marginal d’imposition est élevé.

L’assurance-vie : flexibilité et transmission

L’assurance-vie reste un outil incontournable, complémentaire au PER :

En tant que TNS, l’assurance-vie peut servir à :

Pour rester cohérent avec une démarche d’investissement responsable, sélectionnez des contrats permettant d’accéder à des labels reconnus (ISR, Greenfin, Finansol, Relance, etc.).

L’immobilier et les actifs réels

Beaucoup de TNS misent sur l’immobilier pour leur retraite :

L’immobilier peut être un excellent pilier pour stabiliser vos revenus futurs, mais il ne doit pas être votre seul pilier :

Une approche équilibrée consiste à combiner :

Pilier 3 : la prévoyance, l’oubli coûteux des TNS

On parle beaucoup de retraite, mais le risque majeur pour un TNS, c’est souvent ce qui se passe avant la retraite : maladie longue, invalidité, accident.

Un arrêt de travail prolongé peut :

La prévoyance pour TNS sert précisément à couvrir ces scénarios :

Quelques points clés à vérifier dans tout contrat :

Si vous avez une famille à charge ou des crédits importants, la prévoyance n’est pas un luxe, c’est un socle. Là encore, l’économie de quelques dizaines d’euros par mois peut coûter très cher en cas de coup dur.

Statut TNS et investissements responsables : compatible ou mission impossible ?

On pourrait se dire : “Avec toutes ces contraintes, je n’ai pas vraiment le luxe de penser impact et ESG, je dois surtout sécuriser ma retraite.” C’est souvent l’erreur de perspective.

La réalité, c’est qu’il existe aujourd’hui un large éventail de solutions qui permettent de :

Quelques exemples très concrets :

En tant que TNS, vous êtes déjà dans une démarche d’autonomie et de responsabilisation. Il est assez naturel de pousser cette logique jusque dans la façon dont vous faites travailler votre argent.

Étapes actionnables pour un TNS qui veut reprendre la main

Pour terminer, un plan en plusieurs étapes, simple mais efficace, pour transformer votre statut TNS en atout plutôt qu’en risque :

Être TNS n’est pas un handicap, c’est une architecture différente : moins de protections automatiques, plus de liberté de construction. Cette liberté est un risque si vous la subissez, un levier puissant si vous la prenez au sérieux.

La vraie question n’est pas “Est-ce que le statut TNS est risqué ?”, mais “Qu’est-ce que je fais, dès maintenant, pour que ce statut travaille pour moi – et, autant que possible, pour la société et la planète ?”.

Quitter la version mobile