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Puis je retirer l’argent de mon assurance vie : règles, frais et conséquences fiscales à connaître

Puis je retirer l'argent de mon assurance vie : règles, frais et conséquences fiscales à connaître

Puis je retirer l'argent de mon assurance vie : règles, frais et conséquences fiscales à connaître

Vous avez une assurance vie et vous vous demandez si vous pouvez retirer votre argent “quand vous voulez” sans tout casser ? Bonne nouvelle : l’assurance vie est beaucoup plus souple qu’on ne le pense… à condition de bien connaître les règles du jeu.

Rachats, fiscalité avant/après 8 ans, frais cachés, impact sur votre transmission, alternatives au retrait (comme l’avance) : dans cet article, on passe en revue, de manière opérationnelle, tout ce que vous devez savoir avant de cliquer sur “demander un rachat”.

Retirer de l’argent d’une assurance vie : est-ce vraiment possible librement ?

Contrairement à une idée encore très répandue, l’assurance vie n’est pas bloquée.

En France, vous pouvez retirer une partie ou la totalité de votre épargne quand vous le souhaitez, dès la première année, que votre contrat soit récent ou ancien.

Deux opérations existent :

Dans les deux cas, l’assureur n’a pas le droit de refuser le retrait, sauf cas très particuliers (blocage judiciaire, par exemple). En pratique, il peut en revanche :

Le vrai sujet n’est donc pas “puis-je retirer ?” mais plutôt “combien ça va me coûter en impôts, en frais, et en perte d’avantages futurs ?”.

Comment fonctionne un retrait d’assurance vie sur le plan pratique ?

Concrètement, pour demander un rachat (partiel ou total), vous devrez :

Le délai de versement sur votre compte bancaire varie :

Attention : si vous êtes fortement investi en unités de compte (actions, fonds diversifiés, SCPI, etc.), l’assureur doit parfois réaliser des cessions d’actifs, ce qui peut rallonger le délai. En cas de marchés chahutés, certains contrats peuvent même prévoir des restrictions temporaires sur certains supports (notamment immobiliers).

Rachat partiel ou rachat total : quelles conséquences ?

La première question stratégique à se poser : avez-vous vraiment intérêt à fermer votre contrat ?

Avec un rachat partiel :

Avec un rachat total :

Dans la grande majorité des cas, sauf besoin définitif de tout le capital, il est plus intéressant de privilégier un rachat partiel, pour conserver la mécanique fiscale avantageuse après 8 ans (on y revient juste après).

La fiscalité d’un retrait d’assurance vie : la seule partie vraiment sensible

Lors d’un retrait, vous ne payez pas d’impôts sur la totalité du montant racheté, mais uniquement sur la fraction de gains contenue dans ce retrait.

Formule simplifiée :

Part imposable = Montant retiré × (Gains / Valeur totale du contrat)

Petit exemple pour fixer les idées :

Les gains représentent 5 000 / 25 000 = 20 % du contrat. Votre retrait de 5 000 € est donc composé :

Reste à voir comment ces 1 000 € seront taxés. Tout dépend de l’ancienneté de votre contrat et du montant total de vos versements.

Fiscalité avant 8 ans : la période la moins favorable

Si votre contrat a moins de 8 ans, les gains retirés sont taxés de la manière suivante :

Dans la plupart des cas, si vous êtes au-delà de la première tranche d’imposition, la flat tax reste la solution la plus simple et souvent la plus efficace.

Exemple rapide :

Impôts sur le revenu : 3 000 × 12,8 % = 384 €.
Prélèvements sociaux : 3 000 × 17,2 % = 516 €.
Total fiscalité = 900 €.

L’objectif opérationnel est clair : éviter autant que possible les gros retraits avant 8 ans, sauf si vous êtes non imposable ou dans une tranche très basse et que l’option barème devient intéressante.

Fiscalité après 8 ans : là où l’assurance vie devient vraiment intéressante

À partir de la 9e année, le contrat change de dimension sur le plan fiscal. Vous bénéficiez :

Deux cas se présentent pour les sommes versées depuis 2017 :

En pratique, pour la grande majorité des épargnants (versements < 150 000 €), l’assurance vie après 8 ans permet souvent de retirer plusieurs milliers d’euros de gains par an en payant très peu d’impôt.

Exemple opérationnel :

Résultat : 7 000 € – 9 200 € = 0 € de base imposable. Vous ne payez aucun impôt sur le revenu sur ces gains, seulement les 17,2 % de prélèvements sociaux.

Voilà pourquoi, si vous êtes proche de la 8e année, il peut être judicieux de :

Les frais à surveiller quand vous retirez de l’argent

Un retrait en lui-même ne génère pas toujours des frais spécifiques, mais il peut en déclencher ou en révéler plusieurs :

Sur un contrat hautement chargé en frais, multiplier les allers-retours (verser / retirer / reverser) peut coûter cher. D’où l’intérêt de bien planifier vos besoins de liquidité à l’avance.

Retirer de l’argent ou demander une avance : que choisir ?

Il existe une alternative souvent méconnue au rachat : l’avance sur assurance vie.

Principe : l’assureur vous prête de l’argent, garanti par votre contrat, sans que celui-ci soit techniquement “entamé”.

Avantages de l’avance :

Inconvénients :

L’avance peut être particulièrement pertinente si :

Impact d’un retrait sur la transmission et l’aspect successoral

L’assurance vie n’est pas seulement un outil d’épargne, c’est aussi un puissant outil de transmission du patrimoine.

En retirant de l’argent, vous réduisez mécaniquement :

Deux points de vigilance :

Si votre assurance vie est au cœur de votre stratégie de transmission (enfants, conjoint, neveux, associations…), chaque retrait important mérite d’être mis en perspective avec cet objectif.

Quelques cas concrets pour vous aider à décider

Cas n°1 : contrat de 3 ans, besoin important de cash pour acheter une voiture

Un rachat partiel va déclencher la fiscalité (PFU 30 % sur la part de gains). Mais comme vos gains sont modestes, l’impact reste limité. Si vous n’avez pas d’autre épargne disponible (livret A, LDD, etc.), le retrait est probablement justifié.

Cas n°2 : contrat de 9 ans, couple, projet de complément de revenus

Si la part de gains dans chaque retrait est cohérente, vous pouvez organiser vos rachats de façon à rester chaque année sous l’abattement de 9 200 € pour le couple. Vos gains seront alors exonérés d’impôt sur le revenu (hors PS), tout en assurant un complément de revenu régulier.

Cas n°3 : besoin ponctuel élevé, contrat ancien et bien doté

Plutôt qu’un rachat massif, qui peut :

une avance peut être intéressante si vous êtes en mesure de la rembourser sur quelques années. Vous évitez ainsi la fiscalité immédiate et préservez la logique successorale du contrat.

Avant de retirer : les bonnes questions à se poser

Avant de signer votre demande de rachat, prenez quelques minutes pour passer en revue ces points clés :

En finance responsable comme en finance tout court, la question n’est jamais seulement “est-ce que j’ai le droit ?”, mais “est-ce cohérent avec mes objectifs et mes valeurs, aujourd’hui et dans 10 ans ?”.

Retirer de l’argent de votre assurance vie est simple sur le plan technique, mais ce geste peut avoir des effets durables sur votre fiscalité, votre capacité à générer des revenus complémentaires à l’avenir, et votre transmission. Mieux vaut donc le faire en connaissance de cause, plutôt que dans l’urgence.

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