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Succession sci : transmission de parts, fiscalité et stratégies patrimoniales autour d’une sci

Succession sci : transmission de parts, fiscalité et stratégies patrimoniales autour d’une sci

Succession sci : transmission de parts, fiscalité et stratégies patrimoniales autour d’une sci

La succession est rarement un sujet qu’on aborde avec plaisir… mais c’est souvent l’un des plus gros leviers d’optimisation patrimoniale. Et lorsqu’il y a de l’immobilier en jeu, la société civile immobilière (SCI) devient rapidement un outil incontournable. Bien utilisée, elle permet de transmettre progressivement, de réduire la fiscalité et de préserver la paix familiale. Mal utilisée, elle peut devenir une usine à gaz, source de blocages et de conflits.

Dans cet article, on va passer en revue les bases à connaître pour organiser une succession autour d’une SCI : comment se transmettent les parts, quel est le régime fiscal, quelles stratégies patrimoniales sont possibles… et à quels pièges il faut absolument faire attention.

Pourquoi la SCI est au cœur de la transmission patrimoniale

Sur le plan civil, la SCI permet de remplacer la détention directe d’un bien immobilier par la détention de parts sociales. Au lieu de léguer un appartement, vous transmettez des titres de société. Ce simple changement a plusieurs conséquences majeures :

Pour une famille qui possède un ou plusieurs biens locatifs, la question n’est souvent pas “Faut-il une SCI ?” mais plutôt “Quelle SCI, avec quels statuts, pour quels objectifs de transmission ?”.

Transmission de parts de SCI : ce qu’il faut bien comprendre

Sur le plan juridique, transmettre une SCI, c’est transmettre des parts sociales. Cela peut se faire :

Les règles varient selon le moment et la forme de cette transmission.

Au décès, les parts de SCI entrent dans l’actif successoral au même titre que n’importe quel autre bien. Elles sont alors réparties entre les héritiers selon :

En pratique, le notaire :

De son vivant, la transmission prend plus souvent la forme de donations de parts. C’est là que la SCI devient un outil redoutablement efficace :

Autrement dit : vous pouvez transmettre la propriété économique à vos enfants, tout en gardant la main sur la gestion et souvent sur les revenus, pendant un certain temps.

Fiscalité des transmissions de parts de SCI

Le cœur du sujet, c’est évidemment l’impôt : droits de mutation, plus-values, IFI… Passons les principaux cas en revue.

Les droits de donation et de succession

Que l’on transmette un appartement en direct ou des parts de SCI, la base de calcul des droits reste la même : la valeur nette transmise après abattements.

Pour des parts de SCI, cela donne :

On applique ensuite les abattements personnels (par exemple 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans) et le barème des droits de mutation.

Exemple simple : une SCI détient un immeuble locatif valant 600 000 €, avec 200 000 € d’emprunt restant. La valeur nette est de 400 000 €. S’il y a 1 000 parts, chaque part vaut 400 €.

En pratique, les montants peuvent être encore allégés si une décote de minorité ou de blocage est admise par l’administration (surtout si le donataire est minoritaire, si les statuts limitent fortement la liquidité des parts, etc.). Mais attention : ça ne s’improvise pas, et ça doit être solide et justifiable.

Le cas stratégique du démembrement de propriété

C’est l’un des leviers les plus puissants dans une SCI familiale. Le principe :

Fiscalement, la valeur de la nue-propriété dépend de l’âge de l’usufruitier (barème fiscal de l’article 669 du CGI). Plus vous êtes jeune, plus l’usufruit vaut cher, donc la nue-propriété vaut peu. Inversement, plus vous êtes âgé, plus la nue-propriété est valorisée.

Exemple : à 65 ans, la valeur fiscale de l’usufruit est de 40 %, la nue-propriété de 60 %.

En combinant ce schéma avec les abattements renouvelables tous les 15 ans, on peut transmettre un patrimoine immobilier significatif avec un coût fiscal maîtrisé, voire très faible, dans certaines configurations.

Impact sur l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière)

Les parts de SCI entrent dans le calcul de l’IFI lorsque :

En cas de démembrement :

C’est un paramètre important pour calibrer la stratégie de transmission : si les parents sont déjà à la limite de l’IFI, conserver l’usufruit de biens très valorisés n’est pas neutre.

Plus-values en cas de cession de parts

Dernier volet fiscal à ne pas oublier : la plus-value.

En cas de succession ou de donation, l’héritier ou le donataire reprend en principe la date et le prix d’acquisition pour le calcul futur de la plus-value (avec des exceptions, notamment via les réévaluations en cas de décès pour certains régimes). C’est un point technique à vérifier au cas par cas avec un professionnel, surtout si la SCI détient des biens anciens avec de fortes plus-values latentes.

Stratégies patrimoniales autour d’une SCI familiale

La SCI est un contenant. La stratégie, c’est ce que vous en faites. Quelques schémas fréquemment utilisés, avec leurs avantages et points de vigilance.

Donation progressive de parts aux enfants

Objectif : transmettre progressivement tout en restant gérant de la SCI.

Avantages :

Points de vigilance :

Démembrement des parts pour conserver les revenus

Objectif : préparer la transmission sans perdre son niveau de vie.

Avantages :

Points de vigilance :

Protéger un conjoint tout en préservant les enfants

Dans de nombreuses familles, la SCI est utilisée pour protéger le conjoint survivant, tout en sécurisant la transmission finale aux enfants (y compris ceux d’une première union).

Ce type de montage permet par exemple :

On est ici à la frontière entre droit patrimonial de la famille et droit des sociétés : un terrain où l’accompagnement par un notaire et/ou un avocat spécialisé est indispensable.

Cas pratique simplifié : une SCI locative familiale

Imaginez un couple de 62 et 60 ans, qui détient via une SCI :

Ils ont deux enfants majeurs. Leur objectif : transmettre progressivement en limitant au maximum la fiscalité et les tensions futures.

Stratégie possible :

Résultat :

C’est typiquement le genre de stratégie qui, mise en place à 55–65 ans, permet de transmettre un patrimoine immobilier significatif avec un coût fiscal global très réduit, tout en gardant la maîtrise opérationnelle pendant encore 15–20 ans.

Les pièges à éviter absolument

La SCI n’est pas une baguette magique. Elle ne fait pas disparaître l’impôt, ni les conflits familiaux. Quelques pièges classiques :

Dernier point, en phase avec la philosophie d’un investisseur responsable : la SCI peut (et devrait) aussi être l’endroit où l’on formalise un projet patrimonial commun. Pourquoi cet immobilier ? Pour quels usages ? Avec quelle vision à long terme ? La transmission n’est pas qu’une question de fiscalité, c’est aussi une question de sens, de cohésion familiale et de responsabilité intergénérationnelle.

En résumé : la SCI est un formidable outil de transmission, à condition d’être pensée comme un véritable projet patrimonial, et non comme une simple “astuce fiscale”. Pour une stratégie sur mesure, combinant droit civil, fiscalité et objectifs de famille, l’appui d’un notaire et d’un conseil en gestion de patrimoine spécialisé reste indispensable.

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