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Succession sci : règles, fiscalité et organisation pour transmettre un patrimoine immobilier

Succession sci : règles, fiscalité et organisation pour transmettre un patrimoine immobilier

Succession sci : règles, fiscalité et organisation pour transmettre un patrimoine immobilier

Transmettre un patrimoine immobilier, ce n’est pas seulement une question de chiffres et de fiscalité. C’est aussi une question d’organisation, de paix familiale… et parfois de valeurs à faire vivre dans le temps (logement abordable, rénovation énergétique, bail solidaire, etc.).

La SCI (société civile immobilière) s’est imposée comme l’outil-star pour structurer ce patrimoine. Mais au moment de la succession, une SCI mal pensée peut devenir un nid à conflits et à surcoûts fiscaux.

On va donc décortiquer ensemble les règles, la fiscalité et l’organisation à mettre en place pour utiliser une SCI comme un vrai outil de transmission — pas comme une bombe à retardement familiale.

Rappel rapide : à quoi sert une SCI pour la transmission ?

Une SCI, c’est une société qui détient un ou plusieurs biens immobiliers. Vous ne transmettez pas directement l’immeuble, mais des parts sociales. C’est ce “détour” par la société qui permet de jouer sur :

Concrètement, pour la succession, la SCI est souvent utilisée pour :

Succession en SCI : ce qui se passe juridiquement au décès

Juridiquement, au décès d’un associé, ce ne sont pas les biens de la SCI qui sont transmis, mais ses parts sociales.

Trois points-clés à comprendre :

Dans les faits, au décès :

Attention à un point souvent négligé : si les statuts prévoient une clause d’agrément sévère (par exemple, refus possible de certains héritiers), il faut prévoir comment indemniser l’héritier évincé (rachat de ses droits par la société ou par les autres associés). Sans cela, c’est litige assuré.

Le rôle central des statuts : paix familiale ou guerre ouverte

Pour une SCI patrimoniale familiale, les statuts sont votre “constitution”. Quelques clauses méritent une attention particulière dans une optique de succession :

Si vous êtes dans une démarche de patrimoine “à impact” (logements abordables, rénovation énergétique, locaux pour l’ESS…), vous pouvez aussi :

Cela ne remplace pas la loi, mais donne un cap clair aux générations suivantes.

Fiscalité de la transmission de parts de SCI : les bases

Fiscalement, que ce soit par donation de votre vivant ou par succession, ce sont les mêmes barèmes des droits de mutation qui s’appliquent, avec :

Ce qui change avec une SCI, c’est :

1. Valorisation des parts : la question des décotes

La valeur à déclarer à l’administration fiscale, c’est la “valeur vénale” des parts, qui se calcule en gros :

(Valeur des immeubles – dettes / emprunts) / Nombre de parts

Mais, dans certaines situations, une décote est admise :

Ces décotes doivent être justifiées (via un expert, un notaire, un rapport argumenté). Ce n’est pas une remise au hasard.

2. Le démembrement de propriété : outil n°1 d’optimisation

Cas très courant : les parents créent une SCI, détiennent 100 % des parts, puis donnent à leurs enfants la nue-propriété des parts, tout en conservant l’usufruit (droit aux loyers, droit de vote sur certaines décisions).

Pourquoi c’est intéressant :

Exemple simplifié :

Selon le barème fiscal, à 62 ans, la nue-propriété vaut 60 % de la pleine propriété. La base taxable n’est donc pas 600 000 €, mais 360 000 €. Après abattements (2 x 100 000 €), la taxation est fortement réduite.

Sans SCI, on peut aussi démembrer directement un bien, mais la SCI permet de le faire de manière plus flexible et de conserver une gouvernance claire.

Donation “par tranches” : utiliser le temps à votre avantage

La SCI se prête très bien à une stratégie de donation échelonnée :

Résultat :

Attention toutefois : si les donations sont trop manifestement “artificielles” (simple habillage pour échapper aux droits, sans réalité économique), l’administration peut invoquer l’abus de droit. D’où l’importance d’une stratégie cohérente et bien documentée.

Succession, SCI et IFI : l’angle patrimoine global

Si votre patrimoine immobilier est élevé, la SCI va aussi interagir avec l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) :

Anticiper la succession via la SCI permet donc parfois de réduire l’IFI à terme, par exemple en :

Organisation pratique : comment préparer la succession avec une SCI

Mettons maintenant les mains dans le cambouis : par quoi commencer si vous voulez que votre SCI soit un vrai outil de transmission ?

Étape 1 : Clarifier vos objectifs

Cette hiérarchie des objectifs va orienter :

Étape 2 : (Re)travailler les statuts avec un pro

Si votre SCI a été créée avec des statuts standards téléchargés en ligne, il est probable qu’ils ne soient pas adaptés à une vraie stratégie de succession. Il peut être utile de :

Étape 3 : Mettre en place une stratégie de donations

Avec votre conseil (notaire, fiscaliste) :

Étape 4 : Organiser la gouvernance familiale

Une SCI familiale, surtout quand elle porte un projet particulier (par exemple : parc locatif réhabilité, rendement modéré mais stable, loyers abordables), a tout intérêt à :

Cette charte n’a pas la force de la loi, mais elle évite que la génération suivante ne transforme un projet à impact en simple machine à cash sans cohérence avec vos valeurs.

Cas pratique : deux façons de transmettre la même SCI

Imaginons une SCI qui détient deux appartements locatifs, valeur nette 500 000 €. Deux enfants, Paul et Emma.

Scénario A : Pas d’anticipation

Scénario B : SCI pensée pour la transmission

À objectif patrimonial identique, l’issue n’a rien à voir : dans le second cas, la SCI joue pleinement son rôle d’outil de transmission.

Erreurs fréquentes à éviter avec une SCI en contexte de succession

Quelques pièges classiques que je vois revenir régulièrement :

Enfin, attention aux montages trop sophistiqués ou “magiques” vendus comme 100 % défiscalisants. La ligne rouge de l’abus de droit fiscal est une réalité. Un montage solide doit :

Utiliser la succession en SCI pour transmettre aussi des valeurs

Dernier point, souvent absent des discussions mais très en phase avec l’esprit d’Invest4Good : une SCI de famille peut être un vecteur puissant pour organiser une stratégie immobilière responsable sur plusieurs générations.

Quelques leviers :

Structurer une succession en SCI, c’est donc aussi une occasion rare de poser noir sur blanc ce que vous voulez que votre patrimoine immobilier “raconte” après vous : simple moteur de rente, ou instrument au service d’un projet plus large.

Pour passer de l’intention à l’action, le passage par un notaire ou un avocat spécialisé est indispensable. Mais arriver à ce rendez-vous avec vos objectifs clairs, vos priorités et, éventuellement, votre vision d’un patrimoine plus responsable vous fera gagner du temps… et souvent beaucoup d’argent, de sérénité et de cohérence dans la durée.

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