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Sig def : comprendre les principaux indicateurs pour analyser une activité

Sig def : comprendre les principaux indicateurs pour analyser une activité

Sig def : comprendre les principaux indicateurs pour analyser une activité

Si vous investissez dans une entreprise (cotée ou non) ou que vous analysez un business en tant qu’entrepreneur, vous tombez forcément sur un compte de résultat. Mais lire uniquement le “résultat net” est une très mauvaise habitude : c’est comme juger un match de football en ne regardant que le score final sans savoir ce qui s’est passé pendant le jeu.

C’est exactement pour ça qu’on utilise les SIG, les Soldes Intermédiaires de Gestion. Ils décomposent la performance économique d’une activité en plusieurs “étapes clés” et permettent de répondre à des questions simples, mais stratégiques :

Dans cet article, on va décrypter les principaux SIG à maîtriser, comment les calculer, comment les lire, et surtout comment s’en servir pour analyser une activité (classique, mais aussi à impact).

Qu’est-ce que les SIG et pourquoi ils sont essentiels pour un investisseur

Les Soldes Intermédiaires de Gestion sont une manière structurée de “reconstruire” le compte de résultat pour mettre en lumière les différents niveaux de performance d’une entreprise :

Plutôt que de voir une longue liste de charges et de produits, les SIG créent des paliers d’analyse. Chaque palier répond à une question clé pour l’investisseur :

Pour un investisseur responsable, ces indicateurs ne sont pas qu’une gymnastique comptable : ils permettent d’évaluer la résilience économique d’un modèle à impact, sa capacité à financer sa mission sociale/environnementale dans la durée, sans rester sous perfusion de subventions ou de levées de fonds successives.

Marge commerciale : le premier test de solidité du modèle

La marge commerciale concerne surtout les entreprises de négoce (achat-revente de biens) : distributeurs, grossistes, commerces, plateformes qui vendent des produits achetés à des fournisseurs, etc.

Formule simplifiée :

Marge commerciale = Ventes de marchandises – Coût d’achat des marchandises vendues

À quoi ça sert ?

Exemple concret : un distributeur d’équipements solaires à impact

Si, l’année suivante, le CA monte à 2 200 000 € mais la marge commerciale reste à 550 000 €, on a :

Signal faible mais important : l’entreprise gagne plus en volume, mais moins par unité vendue. Cela peut être dû à :

Pour un investisseur, c’est une alerte : la croissance affichée est-elle vraiment créatrice de valeur ?

Production et marge sur coûts directs : le cas des producteurs et des services

Pour les entreprises qui produisent (industrie, BTP, agriculture, énergies renouvelables…) ou qui vendent surtout du service, on regarde d’abord la production de l’exercice, puis la marge sur cette production.

Production de l’exercice (schéma simplifié) :

Production = Ventes de produits + Production stockée + Production immobilisée

Exemple : une PME qui installe des centrales solaires pour des collectivités

Cette vision est plus fine que le simple chiffre d’affaires : elle tient compte du travail réalisé et non seulement facturé.

Valeur ajoutée : l’indicateur clé de création de richesse

La valeur ajoutée (VA) est un des indicateurs les plus puissants des SIG. C’est la richesse réellement créée par l’entreprise pour les parties prenantes (salariés, État, financeurs, actionnaires).

Formule générique (version simplifiée) :

Valeur ajoutée = Marge commerciale + Production de l’exercice – Consommations externes

Les consommations externes regroupent principalement :

Pourquoi la valeur ajoutée est stratégique ?

Exemple : une entreprise sociale dans l’insertion par l’activité économique (recyclage de mobilier)

Si 550 000 € vont aux salaires et charges sociales, 50 000 € aux impôts et taxes, il reste :

Pour un investisseur à impact, la question devient : la mission sociale (ici, l’insertion) est-elle compatible avec une VA suffisante pour assurer la pérennité économique du projet ?

Excédent Brut d’Exploitation (EBE) : le “baromètre” de la santé opérationnelle

L’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) est sans doute le SIG le plus regardé par les analystes, surtout dans une logique d’investissement ou de valorisation d’entreprise.

Formule simplifiée :

EBE = Valeur ajoutée – Charges de personnel – Impôts et taxes (hors impôt sur les bénéfices)

On peut aussi le retrouver en partant des résultats :

EBE ≈ Résultat d’exploitation + Dotations aux amortissements + Provisions d’exploitation – Reprises

Pourquoi l’EBE est si important ?

En résumé, c’est la capacité de l’activité à générer un “cash économique” pour :

Exemple chiffré : une PME d’énergies renouvelables

Si la dette financière génère 200 000 € d’intérêts annuels et que les investissements annuels nets (CAPEX) représentent 300 000 €, l’entreprise a une marge de manœuvre de :

C’est ce qu’elle peut potentiellement utiliser pour :

Pour un investisseur responsable, un EBE positif et régulier est un signal fort : la mission à impact repose sur un modèle économique autonome, pas uniquement sur des aides ou des levées de fonds.

Résultat d’exploitation : la rentabilité du cœur de métier

Le résultat d’exploitation va un cran plus loin que l’EBE : il intègre désormais les choix d’investissement (amortissements, provisions).

Formule simplifiée :

Résultat d’exploitation = EBE – Dotations aux amortissements et provisions + Reprises

Il traduit la rentabilité de l’activité opérationnelle, en tenant compte :

Pourquoi c’est utile ?

Exemple : deux startups à impact avec le même EBE de 300 000 €

D’un point de vue purement économique, la Startup B dispose d’une capacité de croissance et de résilience bien supérieure, à EBE égal. Pour l’investisseur, ce n’est pas anecdotique.

Résultat courant et résultat net : la vision globale, mais pas suffisante seule

Une fois le résultat d’exploitation déterminé, on prend en compte :

On obtient :

Ces deux agrégats sont ceux qui apparaissent le plus dans les présentations aux investisseurs… et pourtant, ils peuvent être trompeurs :

C’est pourquoi il est essentiel, en tant qu’investisseur ou analyste, de toujours remonter la chaîne des SIG pour comprendre d’où vient le résultat net.

Comment utiliser concrètement les SIG pour analyser une activité

Comprendre les définitions, c’est utile. Savoir les utiliser pour prendre des décisions d’investissement, c’est mieux. Voici une grille de lecture opérationnelle.

1. Regarder l’évolution des marges et de la VA

Une hausse du CA avec une VA qui stagne en valeur ou en % est un signal d’alerte : croissance non créatrice de valeur.

2. Observer la part de la VA captée par les salaires

3. Analyser la trajectoire de l’EBE

4. Connecter EBE et structure financière

5. Intégrer la dimension impact dans l’analyse des SIG

L’enjeu est de vérifier que :

Erreurs fréquentes à éviter quand on lit les SIG

Même des investisseurs expérimentés tombent régulièrement dans certains pièges. En voici quelques-uns.

Comment aller plus loin : croiser SIG et indicateurs extra-financiers

Les SIG répondent à une question : l’activité est-elle économiquement viable et créatrice de valeur ?

La finance durable en ajoute une autre : cette création de valeur est-elle compatible avec les limites planétaires et la justice sociale ?

Pour un investisseur responsable, la bonne démarche consiste à croiser :

Un projet à impact fort mais structurellement déficitaire n’est pas soutenable à long terme. Un business très rentable mais qui détruit du capital naturel ou social finit par générer du risque systémique (réglementaire, réputationnel, juridique).

Les SIG sont donc un passage obligé : ils permettent de vérifier que la promesse d’impact repose sur un socle économique solide. Une fois cette base assurée, il devient beaucoup plus pertinent de discuter gouvernance, métriques d’impact et alignement stratégique.

En résumé, si vous deviez retenir une chose : avant de tomber amoureux d’un “pitch à impact”, faites parler les SIG. Ils vous diront si le cœur économique du projet est suffisamment robuste pour porter, dans la durée, l’ambition sociale ou environnementale affichée.

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