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Pfu assurance-vie : comment s’applique la flat tax sur vos retraits

Pfu assurance-vie : comment s’applique la flat tax sur vos retraits

Pfu assurance-vie : comment s’applique la flat tax sur vos retraits

La « flat tax » (ou PFU, pour prélèvement forfaitaire unique) est censée simplifier la fiscalité de l’épargne. En pratique, dès qu’on parle d’assurance-vie, les choses se compliquent : date des versements, durée du contrat, abattement, seuil de 150 000 €, option pour le barème… et au moment de faire un rachat, beaucoup d’épargnants signent sans comprendre ce qu’ils paient réellement.

On va donc décortiquer, étape par étape, comment s’applique le PFU sur vos retraits d’assurance-vie, avec des exemples chiffrés et les bons réflexes pour optimiser cette fiscalité sans perdre de vue une logique d’investissement responsable.

Rappel express : ce que taxe vraiment le fisc sur une assurance-vie

Premier point clé : lorsque vous retirez de l’argent de votre assurance-vie (on parle de « rachat »), le fisc ne taxe pas le montant retiré, mais uniquement la part de gains incluse dans ce retrait.

Concrètement, votre contrat est composé de :

À chaque rachat, on considère que vous retirez au prorata :

C’est donc la fraction de gains comprise dans votre retrait qui est soumise au PFU (ou au barème de l’impôt si vous optez pour lui).

Formule à retenir :

Part imposable du rachat = Montant du rachat × (Gains totaux du contrat / Valeur totale du contrat)

Ensuite, sur cette part de gains, on applique : prélèvements sociaux + PFU (ou barème).

PFU et assurance-vie : le principe en une phrase

Depuis le 1er janvier 2018, par défaut, les gains de vos contrats d’assurance-vie sont soumis au PFU de 30 % lors des retraits, qui se décompose en :

Mais parce que l’assurance-vie reste un produit d’épargne « favorisé », ce PFU ne s’applique pas de la même manière :

On détaille ces cas, parce que c’est là que beaucoup de malentendus commencent.

Comment se calcule la fiscalité d’un retrait : la méthode en 4 étapes

Pour comprendre comment s’applique la flat tax, reprenons dans l’ordre ce que l’administration fiscale regarde.

Étape 1 – Identifier la part de gains dans votre retrait

Supposons que :

Part de gains dans ce retrait :

10 000 × (20 000 / 70 000) ≈ 2 857 €

Sur ces 10 000 €, seuls 2 857 € sont imposables à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Les 7 143 € restants sont un « retour de capital », non imposable.

Étape 2 – Regarder l’âge du contrat : avant ou après 8 ans

L’ancienneté de votre contrat se calcule à partir de sa date d’ouverture, pas de la date du versement.

Cet abattement s’applique sur la part de gains comprise dans vos retraits, tous contrats d’assurance-vie confondus.

Étape 3 – Prendre en compte la date des versements (avant/après 27/09/2017)

La réforme du PFU a été votée à l’automne 2017. Ce qui introduit une distinction :

Dans les faits, la plupart des épargnants ont surtout des versements après 2017 sur lesquels le PFU s’applique. Mais si vous avez un « vieux » contrat abondé avant cette date, il faut parfois ventiler les gains entre les deux périodes (le contrat et l’assureur savent le faire).

Étape 4 – Appliquer le bon taux : PFU ou barème, avec ou sans abattement

Pour les versements effectués depuis le 27/09/2017, la logique est la suivante :

Le seuil de 150 000 € s’apprécie :

PFU ou barème de l’IR : comment choisir intelligemment ?

Le PFU n’est pas « obligatoire ». Lors de votre déclaration de revenus, vous pouvez choisir de soumettre l’ensemble de vos revenus de capitaux (intérêts, dividendes, certains gains) au barème progressif de l’impôt sur le revenu au lieu du PFU.

Ce choix est :

De manière simplifiée :

Mais attention : dans tous les cas, les 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus.

Cas pratique n°1 : retrait sur un contrat de moins de 8 ans

Vous ouvrez en 2020 un contrat d’assurance-vie multisupport « responsable », investi en fonds ESG :

Part de gains dans le retrait :

10 000 × (9 000 / 39 000) ≈ 2 308 €

Votre contrat a moins de 8 ans. Par défaut, les 2 308 € de gains sont taxés :

Montant total de fiscalité sur ce retrait : environ 692 €. Soit un taux effectif de ~6,9 % sur les 10 000 € retirés (puisqu’on ne taxe que la part de gains).

Option barème ? Si votre taux marginal d’imposition est de 11 %, l’IR au barème serait de 11 % × 2 308 ≈ 254 € au lieu de 295 €. Gain modeste, mais potentiellement intéressant si vous avez d’autres revenus de capitaux faiblement taxables.

Cas pratique n°2 : retrait sur un contrat de plus de 8 ans, avec abattement

Autre scénario, beaucoup plus fréquent chez les épargnants « de long cours » :

Part de gains dans le retrait :

20 000 × (30 000 / 110 000) ≈ 5 455 €

Votre contrat a plus de 8 ans. Vous bénéficiez de l’abattement annuel de 9 200 € (couple) sur les gains retirés, tous contrats confondus.

Ici, vos gains imposables du retrait (5 455 €) sont inférieurs à l’abattement : ils sont donc totalement (mais pas des prélèvements sociaux).

Vous ne paierez donc que :

Dans ce type de configuration, l’assurance-vie garde une vraie puissance fiscale, en particulier pour compléter des revenus à la retraite.

L’impact du seuil de 150 000 € : un faux plafond pour beaucoup d’épargnants

Une crainte fréquente : « Si je dépasse 150 000 €, tout sera taxé à 30 % ? » Non. Le seuil de 150 000 € ne toggle pas l’ensemble de votre épargne en mode « surtaxé ».

Ce qui se passe en réalité :

En pratique, cela nécessite un calcul par l’assureur, qui tient un « historique » des primes. Pour une grande partie des épargnants, ce seuil n’est jamais atteint, ce qui rend le dispositif finalement plus simple.

Où se positionne l’investisseur responsable dans tout ça ?

Sur un blog dédié à l’investissement à impact, une question légitime surgit : est-ce que le PFU change quelque chose au choix entre un contrat « classique » et un contrat d’assurance-vie responsable ? Fiscalement, non : la règle est la même.

En revanche, là où la fiscalité et l’investissement responsable se croisent, c’est sur la gestion des flux de retraits :

La bonne question à se poser n’est pas : « Comment payer zéro impôt ? », mais plutôt : « Comment organiser mes retraits pour financer mes projets tout en accompagnant des entreprises alignées avec ma vision du monde ? »

Les erreurs fréquentes à éviter avec le PFU sur l’assurance-vie

En tant qu’ex-conseiller, je revois toujours les mêmes pièges :

Les bons réflexes pour optimiser vos retraits (sans devenir fiscaliste)

Pour rester opérationnel, retenez quelques démarches simples :

FAQ rapide : les questions qui reviennent tout le temps

Les prélèvements sociaux sont-ils pris au moment du retrait ou chaque année ?

Sur le fonds en euros, ils sont prélevés chaque année sur les intérêts. Sur les unités de compte, ils sont généralement prélevés au moment du rachat (total ou partiel) ou à la clôture, sur les plus-values réalisées.

Si je ne fais jamais de retrait, je ne paie rien ?

Pour l’impôt sur le revenu, oui : il n’y a pas de taxation des gains latents tant qu’il n’y a pas de rachat, sauf cas particulier (dénouement par décès, par exemple). Pour les prélèvements sociaux, c’est plus subtil : le fonds en euros est ponctionné chaque année.

En cas de décès, le PFU s’applique-t-il ?

Non, en cas de décès, on bascule sur la fiscalité successorale spécifique de l’assurance-vie (abattements de 152 500 €, etc.), totalement indépendante du PFU dont on parle ici.

Puis-je changer d’avis sur le PFU après mon retrait ?

Oui, en quelque sorte. Au moment du rachat, l’assureur prélève un acompte de 12,8 % au titre du PFU (sauf dispense possible). Lors de la déclaration de revenus, vous pouvez choisir d’opter pour le barème progressif à la place du PFU pour l’ensemble de vos revenus de capitaux. L’administration recalculera alors l’impôt dû.

À retenir pour agir dès maintenant

La flat tax sur l’assurance-vie n’est pas un monolithe : c’est un cadre, dans lequel vous avez une vraie marge de manœuvre pour organiser vos retraits de façon intelligente.

Si vous utilisez l’assurance-vie comme un outil de long terme pour financer des projets alignés avec vos valeurs (transition énergétique, inclusion sociale, économie circulaire…), la fiscalité devient un levier, pas un frein. Le PFU n’est alors plus une usine à gaz, mais un paramètre à intégrer dans votre plan d’investissement, au même titre que le risque, les frais… et l’impact.

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