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Pfu assurance-vie : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les gains d’assurance vie

Pfu assurance-vie : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les gains d’assurance vie

Pfu assurance-vie : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les gains d’assurance vie

Pourquoi on parle tant du PFU sur l’assurance-vie ?

Depuis 2018, on entend partout parler de « flat tax » ou PFU (prélèvement forfaitaire unique) à 30 % sur l’épargne. Mais dès qu’on parle d’assurance-vie, les choses se compliquent : ancien régime, nouveau régime, avant/après 8 ans, seuil de 150 000 €, choix entre PFU et barème… de quoi perdre même un conseiller bancaire.

Bonne nouvelle : derrière le jargon, la mécanique reste logique. Et maîtriser le PFU sur l’assurance-vie, c’est clé pour deux raisons :

On va donc décomposer, étape par étape, comment fonctionne le PFU sur les gains d’assurance-vie, avec des cas pratiques chiffrés et des points de vigilance pour éviter les mauvaises surprises.

Rappel express : ce qui est réellement imposé sur votre assurance-vie

Premier point fondamental : sur un rachat d’assurance-vie, ce n’est pas tout ce que vous retirez qui est imposé, mais uniquement la part de gains dans le retrait.

La formule de base est toujours la même :

Part de gains imposables = (Valeur du contrat – Primes versées) / Valeur du contrat × Montant du rachat

Ensuite, sur cette part de gains seulement, vont s’appliquer :

C’est là que le PFU entre en scène : il ne change pas la base taxable, il change la manière de taxer les gains.

Le PFU en pratique sur l’assurance-vie : qui est concerné ?

Le PFU a été instauré par la loi de finances pour 2018. Il s’applique à la plupart des revenus de capitaux mobiliers (intérêts, dividendes, plus-values mobilières) à un taux global de 30 % :

Pour l’assurance-vie, c’est un peu plus subtil, car tout dépend :

Les grandes lignes :

Ce qui nous intéresse surtout ici : comment ce fameux PFU de 30 % se traduit-il concrètement sur les gains d’assurance-vie lors d’un rachat ?

PFU ou barème progressif : un choix à ne pas faire à la légère

Le PFU est la solution « par défaut » : en principe, vos produits financiers, y compris les gains d’assurance-vie concernés, sont prélevés à 12,8 % (acompte d’IR) + 17,2 % de prélèvements sociaux.

Mais au moment de votre déclaration de revenus, vous pouvez choisir l’option globale pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l’année (pas seulement pour l’assurance-vie).

Ce choix est particulièrement important :

En pratique :

Pour l’assurance-vie, ce choix vient en plus se combiner avec :

Après 8 ans : PFU, abattement et seuil de 150 000 €

C’est ici que la fiscalité de l’assurance-vie garde son attrait, même avec le PFU.

À partir du 8e anniversaire du contrat (et non pas de chaque versement), vous bénéficiez :

Pour les versements postérieurs au 27/09/2017 sur un contrat de plus de 8 ans, la fraction de gains imposable (après abattement) subit :

Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas, en sus.

Le seuil des 150 000 € s’apprécie :

C’est ce mécanisme qui permet à l’assurance-vie de rester un superbe outil de capitalisation à long terme, notamment pour un investisseur qui veut financer des projets à impact via des unités de compte socialement responsables, tout en bénéficiant d’un cadre fiscal optimisé.

Cas pratiques chiffrés : ce que le PFU change (ou pas) pour vous

Passons aux chiffres. Voici quelques scénarios typiques pour bien visualiser.

Cas 1 – Contrat de plus de 8 ans, primes < 150 000 €, petit rachat

Vous êtes célibataire, vous avez :

Vous effectuez un rachat de 10 000 €.

Part de gains dans le rachat :

Ces 2 000 € de gains sont :

Conclusion pratique : vous retirez 10 000 €, vous ne payez que 344 € de prélèvements sociaux. C’est l’un des atouts majeurs de l’assurance-vie longue durée, indépendamment du PFU.

Cas 2 – Contrat > 8 ans, primes < 150 000 €, gros rachat

Reprenons les mêmes paramètres, mais vous retirez cette fois 50 000 €.

Part de gains dans le rachat :

Calcul de l’impôt :

Total fiscalité sur les gains : 405 + 1 720 = 2 125 €, soit un taux effectif de 21,25 % sur les 10 000 € de gains, nettement inférieur au « 30 % » du PFU standard.

Cas 3 – Primes > 150 000 €, contrat ancien, rachat important

Vous êtes mariés, vous avez ensemble :

Vous effectuez un rachat de 100 000 € sur un des contrats.

Supposons que la proportion de gains sur ce contrat soit également de 20 % :

En couple, l’abattement annuel est de 9 200 €.

En pratique, l’assureur ventile la fiscalité selon la part de versements qui dépasse le seuil des 150 000 € par conjoint. Résultat : votre taux d’IR effectif sur les 20 000 € de gains sera compris entre 4–10 %, auxquels s’ajoutent les 17,2 % de prélèvements sociaux.

Face à ce genre de situation, il est souvent utile de :

PFU et investissement responsable en assurance-vie : l’effet levier

Si vous utilisez l’assurance-vie comme support d’investissement responsable (fonds ISR, fonds thématiques climat, obligations vertes, private equity à impact…), la fiscalité n’est pas un détail technique : c’est un levier.

Pourquoi ? Parce que :

Un exemple simple : un couple possédant un contrat multisupport à impact de plus de 8 ans, avec 200 000 € investis, peut :

À l’échelle de 10 ou 15 ans, la différence entre des flux taxés lourdement chaque année et une fiscalité optimisée via l’assurance-vie est massive, en pure valeur économique, mais aussi en impact cumulé sur les projets financés.

Points de vigilance et erreurs fréquentes avec le PFU

Quelques pièges reviennent systématiquement dans les dossiers que j’analyse.

Comment s’y prendre concrètement avec son assureur (ou son banquier) ?

Pour passer de la théorie à la pratique, quelques réflexes simples à adopter avant chaque rachat important :

En résumé, le PFU sur l’assurance-vie n’est ni un ennemi, ni un totem. C’est un paramètre

La clé, ce n’est pas de retenir par cœur les taux (ils changent parfois), mais de maîtriser la logique :

À partir de là, vous pouvez transformer votre assurance-vie en outil double : piloter votre fiscalité dans le temps, tout en finançant des projets cohérents avec vos valeurs.

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