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Per deblocage : cas autorisés, démarches et impacts fiscaux pour l’épargnant

Per deblocage : cas autorisés, démarches et impacts fiscaux pour l’épargnant

Per deblocage : cas autorisés, démarches et impacts fiscaux pour l’épargnant

Le PER est vendu comme « l’enveloppe retraite à ne surtout pas toucher avant 62 ans ». Dans la vraie vie, les choses sont moins linéaires : divorce, chômage, achat de résidence principale, accident de santé… et soudain, la question arrive : « Est-ce que je peux débloquer mon PER ? Et à quel prix fiscal ? »

Dans cet article, on va :

L’objectif : vous permettre de décider, de manière lucide, si déverrouiller votre PER est une bonne idée… ou un très mauvais calcul.

Petit rappel : comment fonctionne vraiment votre PER ?

Depuis la loi PACTE, le Plan d’Épargne Retraite (PER) a remplacé les anciens PERP, Madelin, PERCO & cie. Derrière un acronyme unique, il y a en réalité trois compartiments distincts :

Pourquoi ce rappel est important ? Parce que les cas de déblocage et la fiscalité peuvent légèrement varier selon le compartiment et l’origine des sommes (versements volontaires déduits / non déduits, épargne salariale, versements obligatoires).

En revanche, une règle générale : le PER est par principe bloqué jusqu’à la retraite (âge légal ou liquidation des droits dans un régime obligatoire), sauf cas de déblocage anticipé strictement encadrés par la loi.

Déblocage du PER à la retraite : les options de sortie

Avant même de parler de « déblocage anticipé », il faut rappeler ce qu’il se passe au moment de la retraite :

Ce cadre « normal » de sortie aura un impact fiscal différent de celui du déblocage anticipé. On y revient plus loin, avec des cas chiffrés.

Les cas de déblocage anticipé autorisés par la loi

Article L.224-4 du Code monétaire et financier : la liste des cas de déblocage anticipé est limitative. Autrement dit, si vous n’êtes dans aucun de ces cas, votre PER reste bloqué, même en cas de difficulté financière « importante mais non prévue par la loi ».

Les cas autorisés sont les suivants :

Remarque importante : pour l’acquisition de la résidence principale, tous les compartiments ne sont pas toujours mobilisables, notamment une partie des PER obligatoires. Vérifiez le règlement de votre contrat.

Cas n°1 : déblocage du PER pour acheter sa résidence principale

C’est le cas de loin le plus fréquent. Depuis la loi PACTE, le PER est devenu un outil parfois utilisé comme « super PEL »… à tort ou à raison.

Vous pouvez demander le déblocage anticipé pour :

Quelques points de vigilance :

Exemple concret : Sophie, 35 ans, a 40 000 € sur son PER individuel, constitués en 7 ans. Elle trouve un appartement à 250 000 € et manque de 20 000 € pour compléter son apport. Elle peut demander le déblocage de son PER à hauteur des 20 000 €, en justifiant le projet d’achat auprès de son assureur ou de sa banque.

Cas n°2 : invalidité, décès, surendettement… les accidents de la vie

La loi prévoit des cas de déblocage anticipé pour ce qu’on appelle les accidents de la vie :

Dans la pratique, ces cas donnent accès à un régime fiscal nettement plus favorable que celui de l’acquisition de résidence principale. On y revient dans la partie fiscale.

Exemple : Karim, 52 ans, gérant non salarié d’une petite société de transport, subit une liquidation judiciaire. Il a 80 000 € sur son PER (alimenté lorsqu’il était bénéficiaire d’un bon niveau de revenus). Il peut demander le déblocage anticipé de l’intégralité de son PER au titre de la cessation d’activité non salariée suite à la liquidation.

Déblocage du PER : démarches pratiques et pièces à fournir

À ce stade, la théorie est claire. Sur le terrain, ce qui coince souvent, ce sont les démarches : à qui s’adresser, quels formulaires, quels justificatifs ?

1. Identifier l’interlocuteur

2. Remplir une demande de rachat anticipé

3. Fournir les justificatifs adaptés au cas

4. Délais de traitement

Astuce : si vous débloquez pour un achat immobilier, anticipez. Ne lancez pas la demande 3 jours avant le rendez-vous chez le notaire…

Fiscalité du PER : ce qui se passe à la sortie en temps normal

Pour comprendre la fiscalité du déblocage anticipé, il faut d’abord maîtriser la logique fiscale « standard » du PER.

Deux cas de figure à la sortie à la retraite :

Morale : l’avantage fiscal immédiat (déduction à l’entrée) se « paie » à la sortie. Le PER n’est pas une machine à défiscaliser magique, c’est un outil de décalage dans le temps de l’impôt.

Fiscalité en cas de déblocage anticipé pour accident de la vie

C’est le cas le plus favorable, souvent méconnu.

Pour les retraits anticipés liés à :

la fiscalité est la suivante :

Exemple : Marie a 60 000 € sur son PER, dont 45 000 € de versements et 15 000 € de plus-values. Elle subit une invalidité de 2e catégorie et demande le déblocage intégral.

C’est une nuance essentielle : dans ces situations difficiles, l’État accepte de renoncer à l’impôt sur le capital, mais conserve les prélèvements sociaux sur la partie « rendement ».

Fiscalité en cas de déblocage anticipé pour achat de résidence principale

On arrive au cœur des questions les plus fréquentes… et des malentendus.

Contrairement aux accidents de la vie, l’achat de la résidence principale ne donne pas droit à une exonération d’impôt sur le revenu. Le traitement fiscal dépend :

Dans la plupart des cas pour les versements volontaires déduits :

Pour les sommes issues de l’épargne salariale (participation, intéressement, abondements), la fiscalité peut être un peu différente, car il existe déjà des régimes spécifiques (exonération partielle, etc.). Dans tous les cas, votre gestionnaire de PER doit vous distinguer les compartiments et l’origine fiscale des montants lors du déblocage.

Exemple simplifié :

Jean a 30 000 € sur son PER individuel, tous issus de versements volontaires déduits. Il débloque 20 000 € pour acheter sa résidence principale. Sur ces 20 000 € :

Effet pervers fréquent : si Jean est déjà dans une tranche d’imposition à 30 %, le déblocage peut le pousser dans une tranche marginale plus élevée pour cette année-là. D’où l’intérêt de simuler l’impact fiscal avant de décider.

Faut-il vraiment débloquer son PER pour acheter sa résidence principale ?

Sur le papier, utiliser son PER pour renforcer son apport semble séduisant :

Mais en pratique, il faut mettre en balance plusieurs éléments :

Cas typique : si vous êtes à 20 ans de la retraite, avec un PER investi à 60–70 % en actions, et que vous le débloquez pour « gratter » 0,2 point de taux sur votre crédit, l’arbitrage est loin d’être évident…

Une approche pragmatique consiste à :

Erreurs fréquentes et points de vigilance

En auditant des situations réelles, voici les erreurs qu’on retrouve le plus souvent :

Un dernier biais psychologique : parce que le PER est « loin » (horizon retraite), on a tendance à l’oublier dans sa stratégie globale. Au moment où un besoin de liquidité surgit, il devient soudain « le réservoir magique ». Le bon réflexe consiste à réintégrer votre PER dans une vision globale de patrimoine, pas à l’utiliser comme tirelire de secours improvisée.

À retenir pour décider sereinement

Avant de signer une demande de déblocage de PER, posez-vous systématiquement ces questions :

Le PER est un excellent outil d’optimisation fiscale et de préparation de la retraite… à condition de respecter sa logique de long terme. Le déblocage anticipé, lui, doit rester une exception justifiée : un amortisseur en cas de choc de vie, ou un levier utilisé en conscience pour un projet immobilier, après avoir pris la pleine mesure de ses implications fiscales et patrimoniales.

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