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Montant de l’épargne des français : analyse des chiffres, des écarts générationnels et des tendances durables

Montant de l'épargne des français : analyse des chiffres, des écarts générationnels et des tendances durables

Montant de l'épargne des français : analyse des chiffres, des écarts générationnels et des tendances durables

Combien épargnent réellement les Français ? Qui met de côté, combien, sur quels supports… et avec quelle utilité pour la transition écologique ? Derrière les gros chiffres rassurants, les écarts sont considérables, notamment entre générations. Et ces écarts façonnent directement la finance durable de demain.

Où en est l’épargne des Français en 2024 ? Les grands ordres de grandeur

Premier point clé : l’épargne des ménages français est massive à l’échelle du pays.

Selon la Banque de France et l’Insee :

Dit autrement, la France n’a pas un problème de manque d’épargne globale. Elle a plutôt :

À l’échelle macro, les chiffres sont donc “confortables”. Mais, comme souvent en finance, la moyenne est trompeuse.

Ce que cachent les moyennes : écarts générationnels et sociaux

Quand on zoome, on découvre une France coupée en plusieurs “économies parallèles” : celle des jeunes actifs, celle des classes moyennes patrimoniales, et celle des retraités installés.

Les études de l’Insee sur le patrimoine montrent grosso modo :

Si on regarde par générations :

Moins de 30 ans

30–45 ans

45–60 ans

60 ans et plus

À ces écarts générationnels s’ajoutent les écarts de revenus et de niveau d’études. Les études AMF montrent par exemple que la détention d’actions ou de fonds est beaucoup plus fréquente chez les ménages :

Ce n’est pas anodin pour la finance durable : ceux qui ont le plus de “pouvoir d’orientation” de l’épargne ne sont pas ceux qui subissent le plus fortement les impacts du changement climatique ou des inégalités sociales.

Comment les Français épargnent-ils ? Produits, montants, comportements

Regardons maintenant où va réellement l’argent.

Les grands “réservoirs” d’épargne des Français sont :

Quelques ordres de grandeur récents (approximatifs, Banque de France / France Assureurs) :

Mais la question clé n’est pas seulement “où est l’argent ?”, c’est : “que finance-t-il réellement ?”.

Sur ce point, quelques constats ressortent :

En parallèle, on observe un comportement typique :

En clair : la capacité d’épargne existe, mais la transformation de cette épargne en capital patient, orienté vers la transition, est encore loin du compte.

Tendances durables : verdissement de l’épargne ou simple vernis ?

Depuis quelques années, l’AMF, la Banque de France et de multiples études montrent une tendance nette : l’épargnant français se dit de plus en plus sensible aux enjeux ESG (environnement, social, gouvernance).

Quelques signaux positifs :

Mais il faut rester lucide sur plusieurs points :

Pour évaluer si le verdissement de l’épargne française est solide ou cosmétique, trois questions simples à se poser :

C’est précisément là que l’épargne des Français peut devenir un véritable “outil de politique climatique” – ou rester un simple habillage marketing.

Comment situer sa propre épargne (et la rendre plus utile)

Face à ces chiffres macro, la question devient personnelle : où vous situez-vous, vous, dans ce paysage de l’épargne française ? Et surtout : que pouvez-vous faire, à votre échelle, pour orienter davantage votre argent vers des projets utiles ?

Une façon concrète de procéder est de faire un petit “diagnostic à 360°” de votre épargne :

Étape 1 : Cartographier

Étape 2 : Ventiler par objectifs

L’idée est simple : tout ce qui dépasse votre besoin de trésorerie de court terme peut, en théorie, être investi plus long terme… et donc plus utilement.

Étape 3 : Identifier les leviers “durables” disponibles

Un point clé : il n’est pas nécessaire de tout bouleverser du jour au lendemain. Même un simple arbitrage de 10–20 % de vos encours vers des supports plus responsables peut déjà représenter, à l’échelle nationale, des dizaines de milliards d’euros réorientés.

Étape 4 : Garder la tête froide sur les risques

La bonne nouvelle : de plus en plus de solutions existent pour concilier rendement potentiel, gestion du risque et impact. La moins bonne : il faut accepter de consacrer un peu de temps à comprendre ce que l’on achète réellement.

Ce qu’un investisseur responsable doit surveiller dans les prochaines années

L’épargne des Français ne va pas rester figée. Plusieurs tendances lourdes vont la transformer, avec des implications fortes pour la finance durable.

Vieillissement démographique et transmission

Pression réglementaire sur la finance durable

Montée en puissance des produits “à impact”

Digitalisation et nouveaux intermédiaires

Surveiller ces tendances, c’est se donner la possibilité d’être non pas un simple “épargnant spectateur”, mais un acteur qui arbitre, questionne et oriente.

En résumé, le montant global de l’épargne des Français est élevé, mais son pouvoir de transformation dépendra de trois choses : la façon dont elle se transmettra entre générations, les règles du jeu imposées au secteur financier, et la capacité de chacun à reprendre la main sur ses choix d’investissement.

La question n’est plus seulement : “Combien j’épargne chaque mois ?”, mais aussi : “Que permet de faire chaque euro que je mets de côté, ici ou là, pour la société dans laquelle je vivrai demain ?”.

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