Invest4good

Fonds d’investissement définition : typologie, risques et critères pour un placement à impact

Fonds d'investissement définition : typologie, risques et critères pour un placement à impact

Fonds d'investissement définition : typologie, risques et critères pour un placement à impact

Vous entendez parler de “fonds d’investissement” partout, mais quand il s’agit d’y placer votre argent – et a fortiori de le faire avec un objectif d’impact – les choses deviennent soudain beaucoup moins claires ? Normal : derrière un mot simple se cache un univers très technique… et très marketé.

Dans cet article, on va remettre de l’ordre. L’objectif : vous donner une grille de lecture pour comprendre ce qu’est réellement un fonds d’investissement, les grandes typologies, les risques à ne pas sous-estimer, et surtout les critères concrets pour choisir un fonds aligné avec vos valeurs et votre appétit pour l’impact.

Qu’est-ce qu’un fonds d’investissement, concrètement ?

Un fonds d’investissement, c’est un pot commun. Des milliers (parfois des millions) d’épargnants y mettent leur argent, qui est ensuite investi dans différents actifs par une équipe professionnelle (la société de gestion).

Plutôt que d’acheter directement une action ou une obligation, vous achetez des parts de ce pot commun. La valeur de votre part dépend de la valeur de tout ce que le fonds détient : actions, obligations, immobilier, projets non cotés, etc.

En pratique, un fonds d’investissement, c’est donc :

La question clé pour un investisseur à impact n’est donc pas “fonds ou pas fonds ?”, mais plutôt : quel type de fonds, avec quelle stratégie, quel risque, quelles preuves d’impact ?

Les grandes familles de fonds d’investissement

Il existe une myriade de sous-catégories, mais pour y voir clair, on peut déjà distinguer quelques grandes familles. Cela permet de comprendre où vous mettez les pieds avant de vous intéresser à la dimension responsable et impact.

Fonds actions

Les fonds actions investissent principalement dans des actions d’entreprises (cotées en Bourse ou, plus rarement, non cotées). Ils sont en général plus volatils mais aussi plus potentiellement rémunérateurs sur le long terme.

Quelques sous-typologies fréquentes :

Côté impact, beaucoup de fonds actions se revendiquent “verts” ou “durables”. La question est de distinguer un simple filtrage ESG d’une vraie stratégie d’impact (on y revient plus bas).

Fonds obligataires

Les fonds obligataires investissent dans des obligations (titres de dette) émises par des États, des entreprises, voire des institutions supranationales (Banque mondiale, BEI…).

Ils sont souvent perçus comme plus “sages” que les actions, mais depuis la remontée des taux et l’inflation, cette image est largement à nuancer.

Dans la perspective d’un placement à impact, ce sont notamment les fonds investis en :

Problème : l’étiquette “green bond” ne garantit pas automatiquement l’additionnalité de l’impact. Il faut regarder la qualité des standards (ICMA, Climate Bonds Initiative), le niveau de transparence, les rapports d’allocation et d’impact.

Fonds diversifiés

Les fonds diversifiés combinent plusieurs classes d’actifs : actions, obligations, monétaire, parfois un peu d’immobilier ou d’actifs non cotés.

L’idée : offrir un équilibre rendement/risque en modulant la part d’actifs risqués (actions) et d’actifs réputés plus défensifs (obligations, monétaire).

Pour un investisseur particulier qui veut un seul support intégrant une dimension ESG ou à impact, les fonds diversifiés responsables peuvent être une porte d’entrée intéressante… à condition de vérifier :

Fonds monétaires

Ce sont les fonds “parking” : ils investissent principalement dans des instruments monétaires ou des dettes de très court terme. Objectif : préserver le capital avec une faible volatilité (mais un rendement souvent limité, surtout après inflation).

Côté impact, on est sur une marge de manœuvre réduite. Quelques fonds monétaires intègrent des filtrages ESG minimaux, mais on reste rarement dans une logique de transformation structurelle de l’économie.

Fonds non cotés (capital-investissement, dette privée, infrastructures…)

Ici, on quitte la Bourse. Ces fonds investissent dans :

C’est précisément dans ces univers que se développent une grande partie des fonds à impact “purs”, car l’investisseur peut apporter :

En contrepartie, ces fonds sont souvent :

Bonne nouvelle : en France, des véhicules comme les fonds solidaires (90/10), certains FCPR accessibles via l’assurance-vie, ou des plateformes de financement participatif permettent d’ouvrir progressivement cet univers aux épargnants individuels.

Fonds responsables, durables, à impact : ne pas tout confondre

La réglementation européenne (règlement SFDR) a tenté de mettre un peu d’ordre en créant des catégories de fonds :

En théorie, un fonds “à impact” devrait au minimum être dans l’univers Article 9. En pratique, plusieurs points de vigilance s’imposent :

Pour un investisseur soucieux de cohérence, la question à se poser est donc : le fonds se contente-t-il de “moins nuire” ou contribue-t-il réellement à résoudre un problème social ou environnemental ?

Les principaux risques des fonds d’investissement

Avant de parler d’impact, il faut parler… de risques. Parce qu’un fonds, même estampillé “durable”, reste un produit financier, pas un don.

Les principaux risques à intégrer dans votre décision :

Un point essentiel : l’impact ne “protège” pas du risque financier. Un fonds qui finance des projets à fort impact peut parfaitement subir des pertes si les modèles économiques ne tiennent pas, si la réglementation change ou si la gestion est défaillante.

Les critères clés pour un placement à impact via des fonds

Passons au cœur du sujet : comment sélectionner un fonds quand vous ne cherchez pas seulement un couple rendement/risque, mais aussi un impact positif mesurable ?

Voici une grille de lecture pragmatique, en 4 blocs : intention, contribution, mesure, alignement.

1. Clarifier l’intention d’impact du fonds

Commencez par les questions de base :

Un fonds réellement à impact va généralement :

2. Évaluer la contribution réelle du fonds

Ensuite, la question-clé est : le fonds fait-il une différence par rapport à un simple investissement passif dans un indice boursier ?

On regarde ici :

Un test simple : si le fonds se contente d’acheter en Bourse des entreprises déjà très financées, sans politique d’engagement robuste, on est probablement plus proche de l’ISR “best-in-class” que de l’impact au sens strict.

3. Examiner la mesure et le reporting d’impact

Un fonds d’impact sérieux va être obsédé par la mesure. Ce que vous pouvez vérifier :

En France, vous pouvez aussi regarder la présence (ou non) de certains labels :

Attention : un label est un point de départ, pas une garantie absolue. Mais l’absence totale de label sur un produit vendu comme “à impact” doit au moins vous inciter à creuser davantage.

4. Vérifier l’alignement avec vos contraintes financières

On en revient aux fondamentaux : un placement à impact reste un investissement. Il doit donc être cohérent avec :

Une bonne pratique : raisonner à l’échelle de votre portefeuille global. Vous pouvez par exemple :

Vous limitez ainsi le risque global, tout en orientant une part significative de votre épargne vers des projets à forte utilité sociale et environnementale.

Quelques biais fréquents… et comment les éviter

Deux écueils reviennent régulièrement dans les discussions avec des épargnants motivés par l’impact.

Transformer l’intention en plan d’action

Pour passer de la théorie à la pratique, voici un petit plan en 4 étapes pour intégrer les fonds à impact dans votre épargne :

Les fonds d’investissement ne sont ni des boîtes noires magiques, ni des ennemis de l’épargnant. Ce sont des outils. Bien utilisés, ils permettent d’accéder à des projets, des entreprises, des infrastructures auxquels vous n’auriez jamais accès seul. Mal choisis, ils peuvent diluer votre impact et rogner votre performance sous couvert de beaux discours.

La clé, c’est de reprendre le contrôle : comprendre la typologie des fonds, intégrer lucidement les risques, et poser des exigences claires en matière d’impact. À partir de là, votre épargne cesse d’être un simple chiffre sur un relevé pour devenir un levier de transformation économique… sans renoncer à vos objectifs financiers.

Quitter la version mobile