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Droits d’entrée franchise : comment les évaluer et mesurer la rentabilité d’un projet de franchise

Droits d'entrée franchise : comment les évaluer et mesurer la rentabilité d’un projet de franchise

Droits d'entrée franchise : comment les évaluer et mesurer la rentabilité d’un projet de franchise

Entrer dans une franchise, c’est un peu comme acheter un “business pack” clé en main. Mais comme tout pack, une question revient vite : est-ce que le prix demandé au départ – les fameux droits d’entrée – est justifié par la valeur réelle de ce que vous recevez en échange ?

Dans une logique d’investissement (et a fortiori d’investissement responsable), vous ne pouvez pas vous contenter d’un “ça a l’air sérieux” ou “la marque est connue”. Les droits d’entrée doivent se décortiquer, se challenger et s’intégrer dans une analyse de rentabilité complète du projet.

Voyons comment évaluer ces droits d’entrée, identifier les franchises surpayées… et mesurer la rentabilité réelle d’un projet de franchise, au-delà du discours marketing.

Que recouvrent vraiment les droits d’entrée d’une franchise ?

Les droits d’entrée (ou “redevance initiale forfaitaire”) sont la somme que vous payez au franchiseur au moment de signer le contrat. Ils sont généralement distincts :

En théorie, ces droits d’entrée rémunèrent plusieurs éléments :

Problème : entre ce qui est promis et ce qui est effectivement livré, l’écart peut être important. Votre première grille d’analyse consiste donc à transformer un montant global de droits d’entrée en “panier de services” concret :

Tant que vous restez sur un montant global “tout compris”, vous êtes en position de faiblesse. Dès que vous décomposez, vous pouvez commencer à juger du rapport qualité/prix.

Combien coûtent les droits d’entrée… en pratique ?

Les montants varient énormément selon les secteurs et la notoriété de l’enseigne. À titre indicatif (fourchettes courantes observées sur le marché français) :

Quelques repères utiles :

Plus encore que le niveau absolu, ce qui compte est le rapport entre :

Les droits d’entrée représentent souvent 5 à 15 % de l’investissement total. Au-delà, le projet doit vraiment être très rentable ou très sécurisé pour justifier un tel poids “immobilisé” dès le départ.

Comment juger si les droits d’entrée sont “trop chers” ?

Pour raisonner en investisseur, l’idée n’est pas de se demander si 25 000 € est cher en soi, mais si c’est cher par rapport à ce que la franchise vous permet de gagner en plus par rapport à une création indépendante.

Trois angles d’analyse concrets :

Valeur ajoutée économique : combien de chiffre d’affaires en plus ?

Posez la question frontalement au franchiseur :

Si, sur un même concept (ex : salon de coiffure, crèche privée, salle de sport), la franchise permet un chiffre d’affaires 30 % plus élevé qu’un indépendant moyen, vous pouvez accepter des droits d’entrée plus élevés. Si l’écart est faible ou inexistant, vous payez surtout un logo sur la devanture.

Réduction du risque : combien de probabilités d’échec en moins ?

Un des grands apports d’une franchise solide est de réduire le taux d’échec par :

Demandez :

Si vous divisez le risque d’échec par deux, les droits d’entrée prennent du sens… surtout si vous financez votre projet avec de la dette bancaire, où chaque échec se paie cher.

Gain de temps : combien d’années gagnées ?

Enfin, l’autre question clé : est-ce que la franchise vous fait gagner 6 mois, 1 an, 2 ans dans votre courbe d’apprentissage ?

Un bon franchiseur vous évite typiquement :

Or, chaque mois de retard sur l’atteinte de votre seuil de rentabilité, ce sont :

Si la franchise vous permet d’atteindre votre vitesse de croisière au bout de 12 mois au lieu de 24, le coût des droits d’entrée devient un investissement temporel qu’il faut chiffrer.

Intégrer les droits d’entrée dans votre calcul de rentabilité

Passons à la partie chiffrée. Les droits d’entrée ne doivent pas être analysés isolément, mais comme une ligne dans votre business plan et vos principaux indicateurs :

Étape 1 : intégrer les droits d’entrée dans l’investissement initial

Supposons le cas suivant (inspiré de situations fréquentes dans la restauration rapide à impact positif : concept sain / local / anti-gaspi) :

Investissement total : 240 000 €, dont un peu plus de 10 % en droits d’entrée.

Ce montant de 240 000 € servira de base pour tous vos calculs de rentabilité globale.

Étape 2 : calculer le seuil de rentabilité avec et sans franchise

Imaginons deux scénarios, sur la même activité :

Hypothèses en franchise :

Résultat avant impôt prévisionnel :

Hypothèses en indépendant :

Résultat avant impôt prévisionnel :

Autrement dit, la franchise coûte une redevance et des droits d’entrée, mais permet aussi un surcroît de chiffre d’affaires et de résultat.

Étape 3 : délai de retour sur investissement

Vous pouvez maintenant regarder en combien de temps votre investissement total de 240 000 € est “remboursé” par les bénéfices générés.

Même en “nettoyant” ces chiffres (prudence sur les hypothèses optimistes des franchiseurs, intégration d’un salaire de dirigeant, etc.), l’ordre de grandeur est clair : si les chiffres sont crédibles, les droits d’entrée et redevances peuvent être rentabilisés assez vite.

Votre rôle d’investisseur est donc moins de fuir les droits d’entrée élevés que de vous assurer que :

Les principaux pièges à éviter

Plusieurs biais reviennent régulièrement dans les projets de franchise :

Franchise et investissement responsable : un filtre supplémentaire

Sur Invest4Good, on ne parle pas seulement de rendement, mais aussi de cohérence avec vos valeurs et d’impact. Appliqué à la franchise, cela ajoute plusieurs critères d’analyse :

Les droits d’entrée peuvent aussi financer en partie des démarches responsables : campagnes de sensibilisation, outils de réduction du gaspillage, investissements dans des solutions logicielles “vertes”… À vous de vérifier si c’est réellement le cas ou si l’argument reste cosmétique.

Checklist pratique avant de signer un chèque de droits d’entrée

Avant d’engager 10 000, 30 000 ou 50 000 € dans des droits d’entrée, passez systématiquement par ce filtre :

  • Avez-vous vérifié le cadre juridique : durée du contrat, conditions de renouvellement, de revente de votre fonds, d’exclusivité territoriale ?
  • Les valeurs affichées par le réseau sont-elles alignées avec votre projet d’investissement responsable, au-delà des slogans marketing ?
  • En résumé, les droits d’entrée ne sont ni “le mal absolu”, ni une formalité à accepter les yeux fermés. C’est une ligne d’investissement à évaluer comme les autres :

    En appliquant ce filtre méthodique, vous passez du statut de “candidat franchisé séduit par un concept” à celui d’investisseur professionnel qui arbitre froidement entre plusieurs options : telle franchise, telle autre, ou une création indépendante. C’est à ce niveau d’exigence que les droits d’entrée cessent d’être un “ticket d’entrée” et deviennent ce qu’ils devraient toujours être : un investissement réfléchi dans un modèle économique durable – pour vos finances, pour vos équipes et, idéalement, pour la société.

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