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Au dernier vivant : décrypter cette clause et ses effets sur la transmission de patrimoine

Au dernier vivant : décrypter cette clause et ses effets sur la transmission de patrimoine

Au dernier vivant : décrypter cette clause et ses effets sur la transmission de patrimoine

Pourquoi la clause « au dernier vivant » mérite votre attention

On en parle souvent en une phrase rapide chez le notaire : « On pourra ajouter une clause au dernier vivant, vous verrez plus tard ». Résultat ? Beaucoup de couples signent sans vraiment mesurer l’impact réel sur leur patrimoine… ni sur leurs héritiers.

La clause « au dernier vivant » (ou « préciput », ou encore « donation entre époux » selon les configurations) est un outil puissant de protection du conjoint. Mais comme tout outil puissant, mal utilisé, elle peut créer des blocages, des tensions familiales, voire une inefficacité fiscale totale.

Dans cet article, on va :

Clause « au dernier vivant » : de quoi parle-t-on exactement ?

En pratique, ce qu’on appelle « au dernier vivant » recouvre le plus souvent une donation entre époux intégrée au contrat de mariage ou réalisée par acte notarié. Elle permet d’augmenter les droits du conjoint survivant au jour du décès du premier époux.

Sans aménagement particulier, en présence d’enfants communs, le conjoint survivant a le choix entre :

La clause au dernier vivant va lui ouvrir des options supplémentaires, par exemple :

Autrement dit : ce n’est pas une baguette magique, mais un mécanisme qui donne plus de latitude au conjoint survivant pour se protéger… dans le cadre très encadré du Code civil (notamment la réserve héréditaire des enfants).

Comment ça fonctionne concrètement dans une succession ?

Imaginons un couple marié sous le régime légal (communauté réduite aux acquêts), avec 2 enfants communs, et un patrimoine de 400 000 € constitué :

Sans clause particulière :

Avec une clause au dernier vivant bien rédigée, le conjoint pourra par exemple :

Concrètement pour lui, cela peut signifier : rester dans le logement sans pression, conserver une plus grande marge de manœuvre financière, voire arbitrer des actifs (vendre, réinvestir) sans être bloqué par les enfants.

Les grands objectifs d’une clause au dernier vivant

En pratique, quand un couple met en place cette clause, il cherche en général à atteindre trois objectifs :

Dit autrement : la clause au dernier vivant est souvent pertinente si vous voulez que vos enfants héritent plus tard, mais mieux (avec un conjoint survivant qui n’est pas fragilisé en cours de route).

Les différentes formes de protection offertes au conjoint

Une donation entre époux peut offrir au conjoint survivant plusieurs options de partage de la succession. Les plus courantes :

Point clé : la clause au dernier vivant doit être pensée avec une vision globale du patrimoine (immobilier + financier + assurance vie + éventuelle société civile) et pas seulement « logement + livret A ».

Ce que cette clause change pour vos enfants

Sur le plan civil, les enfants restent héritiers réservataires : la clause ne peut pas les déshériter. En revanche, elle modifie le timing et la nature de leurs droits.

En présence d’une clause au dernier vivant qui favorise le conjoint :

Dans certains cas, notamment en familles recomposées, cela peut créer un sentiment d’injustice : les enfants du premier lit « attendent » pendant qu’un beau-parent occupe le bien familial ou perçoit les loyers.

C’est là que le rôle du notaire ou du conseiller patrimonial est crucial : anticiper ces tensions et, si besoin, préférer des ajustements plus fins (legs particuliers, assurance vie, clauses de réversion, création de SCI, etc.).

Impacts fiscaux : ce qu’il faut vraiment regarder

La clause au dernier vivant ne crée pas, à elle seule, d’optimisation fiscale spectaculaire. En revanche, elle structure la chronologie de l’impôt.

Les principaux avantages de la clause au dernier vivant

Si cette clause est si répandue chez les notaires, ce n’est pas un hasard. Bien utilisée, elle présente de vrais atouts :

Les risques, biais fréquents et points de vigilance

Comme toujours en matière patrimoniale, ce qui protège quelqu’un peut en léser un autre… ou se retourner contre vous si le contexte change. Quelques risques à bien intégrer :

Exemples concrets pour y voir plus clair

Cas 1 : Couple avec résidence principale, pas ou peu d’épargne

Patrimoine : maison de 250 000 €, épargne de 20 000 €. 2 enfants communs. Sans clause, au décès de Monsieur, Madame peut garder l’usufruit, mais les enfants deviennent nus-propriétaires et peuvent, en théorie, demander une vente si la cohabitation est impossible.

Avec une clause au dernier vivant donnant à Madame l’usufruit de la totalité et la pleine propriété de la quotité disponible sur l’épargne, elle peut :

Ici, la clause joue clairement son rôle de protection du toit et de stabilité familiale.

Cas 2 : Famille recomposée avec patrimoine immobilier locatif

Monsieur a 2 enfants d’une première union. Il se remarie avec Madame, sans enfant commun. Ils ont ensemble un parc locatif de 3 appartements.

Une clause au dernier vivant donnant à Madame l’usufruit sur tous les biens peut bloquer les enfants de Monsieur pendant de longues années : ils voient leurs héritages « en suspens », pendant que la belle-mère perçoit tous les loyers.

Dans ce cas, un montage plus équilibré peut être préféré :

On garde l’esprit de protection du conjoint, mais sans sacrifier la perception d’équité pour les enfants du premier lit.

Comment savoir si cette clause est adaptée à votre situation ?

Avant de signer (ou de modifier) une clause au dernier vivant, il est utile de se poser une série de questions très pragmatiques :

Intégrer la clause « au dernier vivant » dans une stratégie patrimoniale globale

Sur Invest4Good, on parle beaucoup d’investissement responsable, mais aussi de cohérence globale : votre façon d’investir, de protéger vos proches et d’organiser votre transmission fait partie d’un même récit.

La clause au dernier vivant est une pièce de ce puzzle, à articuler avec :

Avant de signer la moindre clause, demandez à votre notaire ou à votre conseiller de vous montrer noir sur blanc :

C’est seulement à ce niveau de détail que la clause « au dernier vivant » cesse d’être une formalité signée à la va-vite… pour devenir un véritable outil de stratégie patrimoniale, au service de vos proches et de vos convictions.

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