Trouver code naf : méthodes pratiques pour identifier l’activité d’une entreprise

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Trouver code naf : méthodes pratiques pour identifier l’activité d’une entreprise
Trouver code naf : méthodes pratiques pour identifier l’activité d’une entreprise

Vous avez déjà essayé de comprendre l’activité réelle d’une entreprise… et vous êtes tombé sur un code NAF aussi parlant qu’une plaque minéralogique ? Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul. Pourtant, ce petit code à 4 chiffres + 1 lettre est loin d’être anecdotique. Pour un investisseur responsable, un entrepreneur ou un freelance, bien identifier le code NAF (ou APE) est une étape clé pour :

  • analyser un secteur d’activité,
  • évaluer l’éligibilité à certains dispositifs (aides, labels, financements),
  • ou tout simplement éviter les erreurs administratives.
  • Dans cet article, on va voir, de manière très opérationnelle, comment trouver le code NAF d’une entreprise, comprendre ce qu’il recouvre… et surtout comment l’utiliser intelligemment dans votre démarche d’analyse ou d’investissement.

    Code NAF, code APE : de quoi parle-t-on exactement ?

    Commençons par la base. Le code NAF (Nomenclature d’Activités Française) est un code attribué par l’INSEE à chaque entreprise et à chacun de ses établissements, afin de classer leur activité principale.

    Techniquement :

  • il comporte 4 chiffres + 1 lettre (ex : 64.19Z, 47.11D, 70.22Z),
  • il est basé sur une nomenclature européenne (NACE), adaptée au contexte français,
  • il sert essentiellement à des fins statistiques et de classification.
  • Le code APE (Activité Principale Exercée) est, en pratique, le même code. C’est le code NAF qui est inscrit sur votre extrait Kbis, sur les fiches de paie, dans les contrats, etc. D’où la confusion fréquente entre les deux.

    Point important : le code NAF/APE ne crée pas de droits en soi, mais il peut :

  • influencer votre affiliation à une caisse professionnelle,
  • déterminer l’application de certaines conventions collectives,
  • être utilisé par des tiers (banques, assurances, fonds d’investissement) pour filtrer des secteurs d’activité.
  • Pour un investisseur à impact, c’est souvent la première brique pour :

  • exclure certains secteurs (charbon, armement, jeux d’argent, etc.),
  • sélectionner des activités éligibles à la taxonomie européenne,
  • identifier des risques réglementaires ou de réputation liés à un secteur.

    Où trouver le code NAF d’une entreprise : les sources officielles

    Passons au concret. Vous avez le nom ou le numéro SIREN d’une entreprise, et vous voulez connaître son code NAF. Voici les méthodes les plus fiables, classées du plus “officiel” au plus “pratique au quotidien”.

    1. Le site officiel de l’INSEE : la référence

    L’INSEE gère le répertoire SIRENE, qui recense toutes les entreprises et leurs établissements en France. C’est la source la plus fiable.

    Méthode :

  • Rendez-vous sur le service “Avis de situation au répertoire SIRENE” (site de l’INSEE).
  • Entrez le SIREN (9 chiffres) ou le SIRET si vous l’avez.
  • Téléchargez l’avis de situation au format PDF.
  • Vous y trouverez :

  • l’identification de l’entreprise,
  • son code NAF,
  • la description littérale de l’activité principale,
  • la date de début d’activité.
  • Pour un investisseur, cet avis est particulièrement utile pour croiser :

  • l’activité annoncée dans le pitch deck ou le rapport annuel,
  • avec l’activité enregistrée officiellement.
  • Quand il y a un écart, c’est un signal à creuser.

    2. Infogreffe / Registre du commerce

    Si l’entreprise est immatriculée au RCS (la grande majorité des sociétés commerciales), vous pouvez trouver son code NAF via :

  • Infogreffe (en cours de bascule vers le portail des greffes),
  • ou le site du tribunal de commerce compétent.
  • Vous cherchez l’entreprise par sa dénomination ou son SIREN, puis :

  • vous consultez le Kbis (document payant),
  • ou les informations légales gratuites si disponibles.
  • Le Kbis affiche le code APE (donc NAF) de la société. C’est souvent la pièce demandée par :

  • les banques,
  • les assureurs,
  • certains fonds d’investissement,
  • les plateformes de crowdfunding.
  • 3. Les sites d’information sur les entreprises (Societe.com, Pappers, etc.)

    Pour un usage rapide, les agrégateurs de données comme :

  • Societe.com,
  • Pappers,
  • Verif,
  • Manageo,
  • etc.
  • sont très pratiques.

    En général :

  • vous tapez le nom de l’entreprise ou son SIREN,
  • la fiche synthétique vous donne immédiatement le code NAF + l’activité.
  • Attention toutefois :

  • la source d’origine reste l’INSEE et les greffes,
  • ces sites peuvent parfois afficher des informations non mises à jour,
  • pour un audit sérieux ou une due diligence, retournez toujours à la source officielle (INSEE + Kbis).
  • Vous créez une entreprise ? Comment obtenir (ou corriger) votre code NAF

    Si vous êtes entrepreneur, freelance ou dirigeant, vous n’avez pas à “choisir” votre code NAF comme on choisirait un forfait de téléphone. Il est attribué par l’INSEE à partir :

  • des informations que vous renseignez lors de la création,
  • et de la description de votre activité principale.
  • Comment bien définir son activité pour obtenir un code NAF pertinent ?

    Dans les formulaires de création (via le guichet unique), vous devez décrire l’activité principale de manière précise. Évitez :

  • les formules vagues (“services”, “conseil”, “divers”),
  • les descriptions trop marketing (“plateforme innovante de mise en relation 3.0”).
  • Préférez :

  • “conseil en gestion de patrimoine”,
  • “édition de logiciels applicatifs”,
  • “commerce de détail de produits alimentaires biologiques”.
  • C’est cette description qui va guider l’INSEE pour vous attribuer le code NAF le plus cohérent.

    Et si le code NAF ne correspond pas (ou plus) à mon activité réelle ?

    C’est un cas très fréquent, surtout dans :

  • les startups qui ont pivoté,
  • les sociétés qui ont diversifié leur activité,
  • les indépendants qui ont commencé avec une activité, puis glissé vers une autre.
  • Si votre code NAF est clairement à côté de la plaque, vous pouvez demander une modification :

  • en contactant le service SIRENE de l’INSEE,
  • souvent via un formulaire ou un courrier motivé,
  • en joignant si besoin des pièces justificatives (statuts mis à jour, Kbis, description détaillée de l’activité).
  • Pourquoi c’est important ? Parce que certains assureurs, financeurs ou dispositifs publics se basent sur le code NAF pour :

  • déterminer vos garanties,
  • évaluer vos risques,
  • ou vous exclure (à tort) d’un périmètre d’éligibilité.
  • Comprendre la logique derrière les codes NAF

    Un code NAF n’est pas qu’un jargon administratif. Il suit une logique de classification.

    Exemple : 64.19Z – Autres intermédiations monétaires.

    Décryptage :

  • “64” = Section K – Activités financières et d’assurance, sous-groupe “Activités des services financiers, hors assurance et caisses de retraite”,
  • “.1” = Intermédiation monétaire,
  • “9” = Autres (catégorie résiduelle dans ce sous-groupe),
  • “Z” = lettre sans signification économique particulière, mais nécessaire pour le format.
  • Autre exemple : 47.11D – Supermarchés.

    On voit que le code permet déjà de :

  • situer l’entreprise dans un grand secteur (commerce de détail),
  • puis dans un segment précis (supermarchés vs hypermarchés vs petits commerces).
  • Pour un investisseur :

  • les deux premiers chiffres donnent la grande famille d’activité,
  • les quatre chiffres + lettre affinent suffisamment pour faire des tris sectoriels pertinents.
  • C’est notamment ce qui est utilisé dans :

  • les filtres sectoriels des bases de données financières,
  • les listes d’exclusion des fonds ISR,
  • les cartographies d’exposition à certains risques (climat, réglementation, etc.).
  • Utiliser le code NAF dans une démarche d’investissement responsable

    Comment intégrer concrètement le code NAF dans votre analyse, sans le surévaluer ni le sous-estimer ?

    1. Définir votre univers d’investissement par secteurs

    Vous pouvez utiliser les codes NAF pour :

  • exclure certains secteurs (ex : 06 – Extraction de pétrole brut et de gaz naturel, 20.13A – Fabrication de produits explosifs),
  • identifier les activités potentiellement alignées avec la transition (énergies renouvelables, rénovation énergétique, mobilité douce),
  • segmenter vos analyses (industrie lourde vs services numériques, par exemple).
  • Beaucoup de politiques d’investissement responsable commencent par un filtre sectoriel basé sur ces codes, avant d’appliquer des critères plus fins (ESG, impact, gouvernance, etc.).

    2. Détecter des incohérences entre discours et réalité

    Cas classique : une entreprise se présente comme “green tech” ou “plateforme d’impact”, mais son code NAF correspond à :

  • des “activités de soutien aux entreprises” très génériques,
  • ou à une activité totalement différente de celle affichée dans sa communication.
  • Ce n’est pas forcément une fraude, mais c’est un point à creuser :

  • L’activité a-t-elle réellement pivoté ?
  • Le modèle économique est-il vraiment centré sur l’impact ou est-ce un département marginal ?
  • L’entreprise a-t-elle mis à jour son objet social et ses déclarations ?
  • La cohérence entre activité déclarée, code NAF et réalité opérationnelle est un bon indicateur de maturité et de transparence.

    3. Attention : un code NAF ne dit pas tout

    Limites importantes :

  • Le code NAF reflète l’activité principale, pas les activités secondaires. Une société de supermarchés avec un robuste programme de financement de la transition de ses filières reste codée en “commerce de détail”.
  • Un code peut être très large. Par exemple, 64.99Z – Autres activités des services financiers, hors assurance et caisses de retraite, recouvre des réalités très diverses (fintech, plateformes de prêt, etc.).
  • Il peut y avoir un décalage dans le temps. Une entreprise peut avoir pivoté depuis 2 ans, sans que le code ait été mis à jour.
  • En résumé : le code NAF est un bon point de départ, jamais un verdict définitif.

    Cas particuliers : holdings, multi-activité, économie sociale et solidaire

    Certaines situations rendent l’interprétation du code NAF plus délicate, notamment dans les stratégies d’investissement à impact.

    Les holdings et sociétés de tête

    Beaucoup de groupes sont structurés via une holding qui a un code du type :

  • 64.20Z – Activités des sociétés holding.
  • Analyser uniquement ce code ne vous apprendra rien sur :

  • la nature des activités financées,
  • les secteurs réellement exposés,
  • les impacts environnementaux et sociaux sous-jacents.
  • Dans ce cas, il faut descendre au niveau des filiales opérationnelles et examiner leurs codes NAF à elles.

    Les structures multi-activité

    Une entreprise peut :

  • vendre des produits,
  • proposer des services,
  • opérer une plateforme numérique,
  • et gérer un espace physique d’accueil.
  • Le code NAF reflète alors l’activité générant la plus grande part de chiffre d’affaires. Si l’entreprise se diversifie, cette répartition peut évoluer sans que le code ne soit mis à jour immédiatement.

    Pour un investisseur, cela signifie :

  • ne pas s’arrêter au code,
  • regarder la ventilation du chiffre d’affaires par segment,
  • analyser les activités “marginales” mais stratégiques (par exemple une nouvelle activité verte encore minoritaire mais en forte croissance).
  • Les acteurs de l’ESS et de la finance solidaire

    Les associations, coopératives, fondations, entreprises solidaires d’utilité sociale (ESUS) ont souvent des codes NAF qui ne reflètent pas clairement :

  • leur mission sociale,
  • leur gouvernance partagée,
  • leur modèle économique basé sur l’utilité plutôt que sur le profit maximal.
  • Un même code NAF peut donc couvrir :

  • une entreprise capitalistique classique,
  • et une structure de l’ESS à fort impact social.
  • Ici, le code NAF n’est qu’un point d’entrée. Il faut le compléter par :

  • l’analyse du statut (association, SCOP, SCIC, ESUS, etc.),
  • les labels (Finansol, B Corp, etc.),
  • les indicateurs d’impact publiés.
  • Erreurs fréquentes à éviter avec le code NAF

    Pour finir, quelques pièges classiques à contourner.

  • Prendre le code NAF pour une “étiquette ESG”
  • Un code NAF ne juge pas la performance sociale ou environnementale d’une entreprise. Deux sociétés avec le même code peuvent être à des années-lumière en termes d’impact.

  • Penser que le code NAF est gravé dans le marbre
  • Il peut (et doit) évoluer si l’activité change. Ne prenez pas un code obsolète comme vérité absolue : vérifiez la date de mise à jour et comparez avec l’histoire récente de l’entreprise.

  • Se limiter au code de la maison mère
  • Dans les groupes complexes, descendez au niveau des filiales opérationnelles. C’est là que l’activité réelle est “classée”.

  • Sur-interpréter la précision du code
  • Certaines catégories sont très larges et peu discriminantes. D’autres sont très fines. Ne tirez pas de conclusions trop sophistiquées d’un code qui, à l’origine, sert d’abord aux statistiques nationales.

    Check-list pratique : comment identifier et exploiter un code NAF

    Pour terminer avec du très opérationnel, voici une petite check-list à utiliser pour chaque nouvelle entreprise que vous analysez (comme investisseur, conseiller ou entrepreneur).

    Étape 1 : Identifier le code NAF

  • Récupérer le SIREN ou le SIRET (sur le site de l’entreprise, ses CGV, ses mentions légales).
  • Aller sur le service “Avis de situation SIRENE” de l’INSEE et télécharger l’avis.
  • Vérifier le code NAF et la description de l’activité principale.
  • Étape 2 : Croiser avec d’autres sources

  • Consulter le Kbis (si société commerciale) via Infogreffe ou le portail des greffes.
  • Regarder les agrégateurs de données (Pappers, Societe.com) pour un premier aperçu.
  • Comparer avec la description de l’activité sur le site de l’entreprise, le pitch deck, le rapport annuel.
  • Étape 3 : Tester la cohérence

  • L’activité déclarée correspond-elle au modèle économique réel ?
  • Le code NAF semble-t-il générique ou spécifique ?
  • Y a-t-il un pivot récent, une diversification, une montée en puissance d’une activité “verte” qui ne se voit pas encore dans le code ?
  • Étape 4 : Intégrer dans votre analyse d’impact et de risque

  • Appliquer vos filtres sectoriels (exclusions, priorités, taxonomie européenne).
  • Identifier les risques réglementaires liés au secteur (climat, santé, données personnelles, etc.).
  • Ne pas oublier d’aller au-delà du code : indicateurs d’impact, gouvernance, qualité du projet.
  • Étape 5 : Pour les entrepreneurs, sécuriser votre propre code

  • Soigner la description de votre activité lors de la création.
  • Vérifier régulièrement que le code NAF reste cohérent avec votre réalité.
  • En cas de décalage, demander une mise à jour auprès de l’INSEE, surtout si votre code conditionne l’accès à certains financements ou assurances.
  • Bien maîtrisé, le code NAF devient un outil simple mais puissant pour mieux comprendre où se situent réellement les entreprises que vous suivez ou dans lesquelles vous investissez. Ce n’est pas une boussole morale, mais un bon point de départ pour cartographier un univers d’activité, filtrer, questionner… et, au final, prendre des décisions d’investissement plus éclairées et plus alignées avec vos valeurs.